Mincir sans régime, c’est possible !

Nous vous proposons de découvrir ci-dessous, l’interview de Sabrina Julien qui est une nutritionniste renommée. Exerçant en Normandie, elle explique en quoi il faut déculpabiliser face à ce qu’on mange. Découvrez !

Son témoignage

Est-ce que tout le monde peut espérer maigrir ?

Dans certains cas, certes rares (j’insiste sur le fait qu’ils sont rares), les régimes à répétition et/ou des problèmes de santé peuvent provoquer ce que l’on appelle un déplacement du « set point » (c’est-à-dire du poids pour lequel une personne est programmée), sous lequel il deviendra difficile de descendre. Certaines personnes font le choix de se sous-alimenter pour forcer la nature. Elles maigriront, mais ne pourront pas tenir sur le long terme. Tout simplement car on ne peut pas maintenir durablement un poids qui n’est pas (ou plus) le sien.

Et pour les autres, est-ce possible de maigrir sans régime ?

Absolument, c’est tout à fait possible pour celles qui mangent plus qu’elles ne devraient. Il faut alors travailler sur les sensations alimentaires : manger quand on a faim, s’arrêter quand on n’a plus faim. Et surtout ne pas se forcer à manger. Il faut plutôt jouer sur la quantité des aliments que sur la qualité, contrairement à ce que préconisent la plupart des régimes. Si on joue sur la qualité, on va finir par en avoir assez de manger des fruits et des légumes et on va manger l’inverse de ce qu’on devrait pour rattraper la frustration, ou manger doublement : le fruit conseillé par le régime, mais aussi la tablette de chocolat qui nous fait tant envie. On perd les sensations de faim et de satiété car on mange avec notre tête, intellectuellement. Il faut faire attention à ses signaux internes, biologiques.

Qu’est-ce qui nous pousse à grossir et/ou nous empêche de maigrir ?

De multiples raisons peuvent engendrer une prise de poids : un choc émotionnel, un changement de situation, d’activité, le stress, un divorce, une désinhibition des régimes (on a trop gardé le contrôle et tout à coup, on craque). Quand on culpabilise de prendre du poids, l’estime de soi baisse et on fait d’autant moins attention. C’est un cercle vicieux, très psychologique. Comme dirait le livre : « maigrir, c’est dans la tête », grossir aussi. L’aliment n’est pas qu’un aliment, il est chargé émotionnellement.

Comment adopter une alimentation saine sans que cela paraisse contraignant et restrictif ?

Si on veut perdre du poids, il ne faut pas s’imposer d’objectifs inaccessibles. D’expérience, cela ne fonctionne pas ! Votre objectif doit être de perdre du poids, certes, mais tranquillement, à votre rythme. Ensuite, il est primordial de boire beaucoup d’eau. Cette petite habitude toute simple permet d’éliminer les toxines, on le sait, mais aussi de se motiver. C’est un premier pas, psychologique, vers la perte de poids. L’idéal est de boire 50 cl le matin, 50 cl l’après-midi et deux verres à chaque repas. Enfin, acheter un cahier et noter ce que vous mangez est un bon moyen de prendre conscience, d’estimer sa faim. Ensuite c’est simple : si on a faim entre les repas, on prend un fruit, un morceau de pain, un yaourt. Si on n’a plus faim après le plat, on garde le dessert pour plus tard et on en tient compte : le lendemain, on mangera moins du plat pour pouvoir manger le dessert.

Doit-on éviter à tout prix certains aliments ? En privilégier d’autres ?

Justement non. Si on commence à privilégier les aliments qui font maigrir, on va les consommer sans plaisir, donc on ne se sentira pas rassasiée. A l’inverse, si l’on s’interdit ceux qui font grossir, on va finir par craquer et les manger en quantité déraisonnable. Il ne faut surtout pas stigmatiser les aliments.

Quels sont vos conseils pour perdre les quelques kilos qui nous encombrent, sans se brider ni bouleverser son mode de vie ?

Il ne faut pas se soustraire de la vraie vie, sinon on finit immanquablement par craquer. Au restaurant, choisissez ce qui vous fait vraiment plaisir : si c’est du poisson, tant mieux ! Si c’est des pâtes, ce n’est pas grave. En revanche, ne vous forcez pas à finir si vous n’avez plus faim. Si vous repérez un dessert que vous adorez, réservez-vous un peu de place pour avoir encore assez faim. Et si le lendemain matin vous n’avez pas faim, ne prenez pas de petit déjeuner. Il faut être conscient de ce que l’on mange, goûter, déguster chaque bouchée. Si l’on ne se rend pas compte de se que l’on mange (parce qu’on dîne devant la télé par exemple), on se sent frustrée et on mange de nouveau. Du chocolat par exemple ! C’est dur car on culpabilise. Dans un premier temps c’est compliqué à mettre en place car ce n’est pas le discours que l’on a l’habitude d’entendre. Dernier conseil : il faut penser à soi, bien s’habiller, se mettre de la crème sur le corps, se chouchouter. En reprenant confiance et estime de soi, on va sentir un regard bienveillant et encourageant. Et pour le coup, le cercle sera vertueux.

Alors, qu’en pensez-vous ?

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